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A la Une
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La grâce du roi
Reynald Abad
Si chacun sait que le roi de France disposait du droit de grâce, l’exercice de cette prérogative au xviii e siècle demeurait une question quasi ignorée, principalement parce que les lettres de clémence expédiées par la Grande Chancellerie en faveur des graciés ont été irrémédiablement perdues ou dispersées.Cette étude entreprend de reconstituer cet aspect de la justice monarchique sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, en se fondant sur les papiers de travail du procureur général du parlement de Paris, qui était régulièrement consulté par le gouvernement sur des demandes de grâce adressées au trône. Pour remplir cette mission, ce magistrat constituait des dossiers qui conservent la trace de ses avis et de leurs conséquences, mais aussi des multiples interventions dont il faisait l’objet de la part de tous ceux, parents ou protecteurs, qui travaillaient à obtenir des lettres de clémence pour les criminels. Cette documentation d’une richesse exceptionnelle fait ressurgir tout ensemble la mobilisation des intercesseurs, la jurisprudence de la grâce et les mécanismes de la procédure.Ce livre se veut donc une histoire à la fois sociale, judiciaire et administrative de la grâce au siècle des Lumières, histoire illustrée, tout au long de sa progression, par le récit détaillé d’affaires criminelles éminemment révélatrices. |
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Denis Crouzet
Nostradamus. Une médecine des âmes à la Renaissance.
Ses prédictions ont tant alimenté les pronostics les plus fous des marchands d'apocalypse qu'on en oublierait presque que Michel de Nostredame (1503-1566), dit Nostradamus, était un homme de la Renaissance. Pour Denis Crouzet, on s'évertuerait bien en vain à donner du sens à ses Prophéties, celles-ci échappant précisément à toute tentative d'interprétation. Plutôt que de dire l'avenir, Nostradamus aurait voulu "prophétiser", c'est-à-dire délivrer aux hommes la parole de Dieu. En penseur du doute, il les conjure de prendre conscience de leur ignorance et de leur nature résolument pécheresse. Dans un siècle traversé par les violences les plus extrêmes, celui des guerres de Religion, Nostradamus est un chrétien doté d'une foi profonde, évangélique, qui, refusant les déchirements confessionnels, tente d'initier ses contemporains à une piété de l'intériorité fondée sur la présence, en soi, du Christ. Un rêve de paix intérieure inspiré par Marsile Ficin, Erasme et Cornelius Agrippa, et nourri par Marguerite de Navarre, la soeur du roi François Ier. Comme Rabelais, pour qui le récit burlesque était une thérapie contre les maux de ce temps, Nostradamus se pensait en médecin des âmes, en plus d'être un médecin des corps. Effrayant ses lecteurs en leur dévoilant des lendemains terribles et menaçants, il leur montrait que la haine était le plus grand des périls et que le seul remède était de vivre dans l'amour et dans la paix du Christ. Un essai inspiré qui, en sondant l'imaginaire d'un homme à l'oeuvre aussi énigmatique que la vie, lui confère une dimension inédite et lui redonne une place dans l'histoire de la pensée humaine. |
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Actualités du laboratoire |
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Bertrand Haan
L'amitié entre princes.Une alliance franco-espagnole au temps des guerres de Religion (1560-1570).
Les expériences de rapprochement apparaissent comme des anomalies dans l’Europe des princes tant leurs relations semblent d’essence guerrière. La plus longue alliance entre les deux Grands du XVIe siècle, les rois de France et d’Espagne, consécutive à la paix de Cateau-Cambrésis (1559), va de pair avec le déclenchement de troubles religieux.
Dans ce contexte instable se révèle tout autant un rapport de force nettement favorable à Philippe II qu’une volonté mutuelle d’entretenir leur amitié. Lien politique et social plus qu’affectif, elle est alors fondée sur l’entraide. Une association dynastique, des efforts conjoints contre la Réforme et le choix de régler les conflits à l’amiable en ont été les piliers.
Si elle doit s’accorder avec l’intérêt de chacun, l’amitié incarne dans tous les actes de la diplomatique l’idéal des relations entre princes chrétiens, voués à s’unir et à s’aimer
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La propagation des pratiques contraceptives prit une telle ampleur que la génération née à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, déjà amoindrie par les saignées de la Révolution et de l’Empire ne fut plus en mesure d’assurer son renouvellement. D’une contraception de nécessité liée aux nouvelles données économiques, on serait passés à une contraception de «confort». Il s’agirait alors de limiter la descendance pour éviter la dispersion d’un patrimoine qui augmentait dans ce «pays» en pleine croissance économique. L’enrichissement incontestable des Augerons, et leur éloignement progressif de l’Eglise représentent sans doute les principaux facteurs explicatifs des changements intervenus dans cette région. |
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Jacques Renard
Pont-l’Evêque
et ses campagnes
aux XVIIIe et XIXe siècles
Des veaux et des hommes,
un exemple d’oliganthropie anticipatrice
Préface de
Jean-Pierre Bardet
Pierre Chaunu, dans ses réflexions sur la démographie normande constatait «l’extrême maturité de cette province » qui dès la seconde moitié du XVIIIe siècle adopte des comportements contraceptifs efficaces. Les effets sont très sensibles dans certaines sous-régions, et particulièrement dans le Pays d’Auge, où, de Deauville à Honfleur, de Pont l’Evêque à Lisieux, la population stagne, et parfois baisse, au cours du XVIIIe siècle. Le Pays d’Auge fut le champ d’expérience d’une mutation agricole d’un type particulier : Le couchage en herbe. Il s’agissait pour les paysans de permettre ainsi le développement de l’élevage bovin pour alimenter le marché parisien en viande. Ces transformations agricoles ont bouleversé le paysage du Pays d’Auge. La généralisation de la mise en herbe au détriment des labours représente assurément une des clés explicatives des mutations démographiques observées. Il est clair qu’elle réduit l’optimum de peuplement car elle requiert une main d’œuvre beaucoup moins nombreuse. L’élevage aurait, en somme, chassé la main d’œuvre. Les paysans ont alors tout tenté pour rétablir l’équilibre : hausse de l’âge moyen au mariage, émigration mais cela n’était pas suffisant. La réponse la plus significative fut la limitation volontaire des naissances. Les motivations étaient essentiellement économiques mais on ne peut méconnaitre d’autres facteurs comme par exemple les turbulences religieuses qui ont conduit à une déchristianisation progressive des campagnes augeronnes, favorisant ainsi la diffusion des funestes secrets
Copyright : SPM, 2011
ISSN : 1148-7933
ISBN : 978-2-901952-79-4
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