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Nous sommes des sang mêlés
Manuel d'histoire de la civilisation française Lucien Febvre François Crouzet
En 1947, au sortir des atrocités de la Deuxième Guerre mondiale et en liaison avec son engagement dans l'idéal de paix qui animait l’Unesco, Lucien Febvre conçoit l’idée d’écrire une histoire de France. Il associe à ce projet un jeune normalien agrégé d’histoire, François Crouzet : il s’agit d’écrire un manuel destiné à un jeune Français, qui serait une trame épistémologique pour les autres nations, encore traumatisées par les effets destructeurs des politiques nationalistes. Pour Febvre et Crouzet, il faut changer l’enseignement de l’Histoire, pour prévenir des resurgissements conflictuels toujours possibles et pour assurer au monde, par la culture, un avenir pacifié. Il faut apprendre au jeune Français, à qui le livre est dédié, qu’être français, depuis toujours, c’est être un « sang-mêlé », que la « nation » peut être un mythe négatif parce que la France ne s’est développée que grâce à une succession d’apports exogènes ayant contribué à la fois à son rechargement et à son dynamisme créateur. Une France enfermée sur elle-même est une France sans vie, alors que la « civilisation » française a rayonné dans le passé parce qu’elle se ressourçait sans cesse grâce à sa capacité à recevoir, à assimiler et à redonner. L’histoire de France doit donc être conceptualisée comme une histoire ouverte ; il n’y a pas, pour Febvre et Crouzet, de France « innée », il y a une France composite, lentement construite sur la succession des hétérogénéités, et c’est tout le projet passionnant de ce livre. Fondateur, avec Marc Bloch, de l’École des Annales, Lucien Febvre (1878-1956) a profondément renouvelé, par ses travaux, la conception de l’histoire et l’historiographie françaises. Professeur émérite à la Sorbonne, historien, François Crouzet (1922-2010) a publié de nombreux ouvrages d’histoire économique.
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Rinascimenti italiani.
1380-1500
Élisabeth Crouzet-Pavan
Al mito del Rinascimento e alla sua celebrazione come un presente fecondato dalle ritrovate saggezze dell’Antichità, Élisabeth Crouzet-Pavan sostituisce qui l’orizzonte dei “Rinascimenti” italiani: un plurale per l’autrice obbligatorio, perché oltre al Rinascimento che tutti conosciamo ve n’è un altro, meno evidente di quello dei sapienti e degli artisti, ma non per questo meno vivo, grazie al quale continuano a vivere e a rivivere passati prossimi e remoti. Raffigurazioni, ricordi, azioni sono così altrettanti anelli di una catena che l’una contro l’altra, l’una insieme all’altra fan dialogare le epoche senza sosta, dando origine a un’era dei paradossi, dove grandi speranze coesistono col timore del Giorno del Giudizio, dove i sogni di armonia universale coabitano con le angosce del peccato, dove la ricerca della bellezza si confronta con la coscienza del male. Da Milano a Napoli, da Firenze a Venezia, da Roma a Ferrara: con rigore e sensibilità di studiosa, e con un approccio originale e di piacevole lettura, l’autrice ci invita a viaggiare con la mente in un mondo affascinante e a tuffarci in un universo umano segnato dall’amore per la vita e dalla paura della morte, da un’esaltazione dell’intelligenza creatrice e da un profondo senso di finitezza, per ritrovare e comprendere la ricchezza storica, culturale, artistica e tecnica del periodo forse più esaltante dell’avventura umana, in tutte le sue luci, ombre, ambiguità.
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"Les Juifs et la Bible"
Jean-Christophe Attias (Fayard)
Cet essai décrit les rapports construits au fil de plus de deux millénaires par les Juifs avec la Bible et à travers elle, et témoigne aussi des métamorphoses des Juifs eux-mêmes.« La Bible est le livre de l’enfance. Elle l’est pour chacun d’entre nous, à quelque âge que nous l’ayons découverte. La Bible est le livre de l’enfance parce qu’elle se donne pour le livre des commencements, et qu’il nous plaît d’y croire ou de faire semblant d’y croire. C’est précisément cette illusion que le judaïsme se donne pour mission de dissiper… (…) C’est le lien particulier que les Juifs ont noué avec la Bible qui est le sujet de ce livre. Un lien instable et ambigu. Car, s’il est une autre illusion dont il faudra se déprendre au fil de ces pages, c’est bien celle qui nous inclinerait à croire que la Bible est le « livre fondateur » du judaïsme. Si elle n’est pas le livre des commencements, la Bible n’est pas davantage le livre des fondations. Bien plus que la Bible elle-même, en tout cas, c’est précisément le lien instable et ambigu qu’ils ont noué avec elle qui a fait les Juifs et qui a fait le judaïsme. J’ai découvert, enfant, le judaïsme dans la Bible, et j’ai ensuite passé le reste de mon âge à découvrir, à comprendre et finalement à enseigner que le judaïsme était tout autre chose que ce que j’avais, enfant, découvert dans la Bible… Ce décalage-là – entre ce que nous imaginons que la Bible nous dit du judaïsme et ce que le judaïsme nous dit effectivement de la Bible – est précisément le territoire exploré par ce livre. » J.-C. A.
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Des saints d'État ?
Politique et sainteté au temps du concile de Trente
(dir.) Florence Buttay et Axelle Guillausseau
Lorsque Mary MacKillop a été canonisée en octobre 2010, la presse de Sydney s’est félicitée de cette première sainte : il manquait un saint à l’Australie pour être une véritable nation. Ce très récent exemple, dans un pays où le catholicisme n’est pas majoritaire, montre la force et la persistance étonnante des rapports entre politique et sainteté. C’est cette idée de « saint d’État », paradoxale et, dans une certaine mesure, provocatrice, qu’ont été invités à soumettre à leur grille d’analyse les historiens qui ont participé à ce livre : il s’agissait d’interroger l’appropriation et la production de figures de sainteté par les États dans l’Europe tridentine en transcendant les frontières confessionnelles. Partant de la redéfinition de la sainteté au temps du concile de Trente, cet ouvrage souligne à quel point les enjeux théologiques et politiques s’entremêlent. La réflexion porte à la fois sur les fonctions des saints, sur les autorités capables de reconnaître les signes de l’élection divine, mais aussi sur la portée des modèles et des figures de la sainteté. En effet, s’impose le constat que, malgré les divergences et quelles que soient les spécificités des conceptions de la sainteté, la dimension universelle du saint est partout renforcée. Ainsi, les patronages étatiques sont choisis plutôt dans le panthéon de l’Église universelle que dans les figures locales ou nationales. Cependant, cet universalisme est davantage porté par les États quitte, dans le monde catholique, à contester les règles fixées par Rome ou à s’en jouer. Au temps du concile de Trente, la communauté des sujets doit être plus que jamais une communauté de fidèles, mais dont l’État et, surtout, les princes tendent à assumer davantage le rôle de guide spirituel face à la « monarchie pontificale ». |
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Représenter le Roi ou la Nation
Les parlementaires dans la diplomatie anglaise (1660-1702)
Stéphane Jettot
Préface de Lucien Bély
L’Angleterre sous la Restauration est traversée par de profondes tensions héritées de la guerre civile. Les derniers Stuart peinent à concilier les intérêts conflictuels de leurs sujets, qu’il s’agisse du commerce, de la religion ou de la diplomatie. Le Parlement de Londres ne possède pas encore l’autorité qu’il parviendra progressivement à exercer au xviiie siècle et ne revendique pas encore vis-à-vis du reste de l’Europe une spécificité idéologique, nourrie par le génie anglais et par l’insularité. Il faut revenir sur une période cruciale, entre l’accession au trône de Charles II (1660) et la mort de Guillaume III (1702), pour comprendre la place de l’Europe dans les débats autour des limites de la prérogative royale, de la tolérance religieuse ou de la légitimité des assemblées représentatives. Les craintes et l’admiration suscitées par la puissante monarchie de Louis XIV, l’attraction et la défiance exercées par le modèle républicain hollandais et enfin les opportunités offertes par les empires espagnols et portugais sont autant de questions indissociables des affaires domestiques.
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